Le bien-être animal – un sujet sensible

Lorsque l’annonce de la présentation d’un rodéo dans la métropole pour fêter le 375e anniversaire de la ville de Montréal s’est fait entendre l’année dernière, nombreux sont ceux et celles qui ont crié à la négligence animalière ainsi qu’à la violence faite aux animaux lors des rodéos. S’en est suivi un mouvement très présent dans les médias où de nombreuses gens ont uni leur voix afin de critiquer ce sport et de mentionner de nombreuses idées préconçues tirées des expériences de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours. Comment un sport peut-il être adoré de plusieurs et détesté et critiqué par d’autres? Il va de soi que ce sport extrême qui existe depuis des centaines d’années est accepté de nombreuses gens et est de plus en plus populaire au sein de la population québécoise, mais il est surtout incompris de plusieurs.

Comment faire pour briser les idées préconçues? S’informer, tout simplement. Et surtout, aller rencontrer des professionnels du milieu afin de poser les vraies questions concernant la santé des animaux. C’est pourquoi nous avons contacté Dominique Audet, barrel man, qui travaille avec les taureaux depuis des décennies, Jean-François Roch, divertisseur de taureaux depuis quelques années et Tim Mosher, le forgeron qui était présent avec un vétérinaire lors des rodéos présentés au Rodéo d’Ayer’s Cliff afin de s’assurer du bien-être des bêtes qui se trouvent dans l’arène de rodéo.

Un forgeron et un vétérinaire pour s’assurer du bien-être des bêtes

Tout d’abord, il faut savoir que les animaux sont entourés en arrière-scène. Parmi les gens qui travaillent aux bienfaits du spectacle, on y retrouve un forgeron. La tâche principale de celui-ci est de remettre un fer à cheval perdu ou répondre aux questions du propriétaire de l’animal. Le forgeron peut aussi conseiller de changer de méthode de ferrage pour avoir de meilleur résultat et maximiser le potentiel de l’animal.

Dangereux pour les animaux, les rodéos?

On pointe énormément du doigt les rodéos comme étant des endroits risqués où les animaux peuvent facilement se blesser. Qui dit vrai? Allons directement aux sources en posant la question à de vrais professionnels.

Selon Monsieur Mosher, le risque de blessures est minime pour les bêtes lors d’un rodéo : « Un athlète qui suit un circuit de rodéo connait très bien l’importance d’entrainer son cheval. Les chevaux d’un sport comme celui d’un rodéo sont très bien entretenus dans tous les aspects de sa santé. Ils sont d’abord des athlètes qui font partie d’une équipe formée entre lui et le cowboy ».

Et qu’en est-il du stress subit par l’animal?

Toujours selon le forgeron : « Le plus gros stress pour un cheval en général est, à mon avis, de ne pas avoir assez de nourriture à manger. Comme on le sait, les chevaux de rodéos sont des chevaux très bien traités, ce stress ne peut donc pas être subi par l’animal puisque ce dernier est nourri de la meilleure nourriture possible afin de maximiser ses résultats. Si le cheval est mal traité, ou mal nourri, ça devient très difficile de créer un sentiment de confiance et un lien entre lui et l’humain. » Monsieur Mosher nous partage également que selon ses expériences en tant que forgeron, ses clients qui font du rodéo avec leur animal sont beaucoup plus souvent à jour avec les soins des pieds de leurs chevaux : « ce qui me pousse à croire que c’est la même chose avec le reste de leurs soins » conclut-il.

Les risques de blessures

Toujours selon M. Mosher : « Il n’y a pas beaucoup de blessures chez les animaux, mais celles qui peuvent survenir seraient probablement les mêmes que tous les athlètes, soit des tendons ou des ligaments enflés, peut-être certaines enflures dans les articulations. Il faut cependant faire attention : ce sont des problèmes que tous les chevaux peuvent être victimes, non seulement les chevaux de ce sport. Pour moi, la plus grosse différence entre un cheval de rodéo et un cheval qui ne pratique pas ce sport est que le propriétaire de chevaux de rodéo soigne probablement plus vite et avec plus de détails les blessures de son animal ». M. Mosher n’hésite pas une seconde à avouer que, à son avis : « le rodéo est beaucoup plus difficile et plus dangereux pour le cowboy que pour son cheval ».

La question qui brûle les lèvres de plusieurs : « Est-ce que les rodéos maltraitent les animaux? » 

« Les chevaux qui ont la pire réputation concernant la maltraitance seraient probablement les Broncos » nous répond M. Mosher. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas ces chevaux, ce sont ceux qui sortent des chutes de rodéo où les cowboys doivent rester 8 secondes sur la bête en se tenant à une main. « Ce qu’il faut savoir, c’est que ces chevaux sont élevés pour faire du bronquage et pour bouger de la sorte. La chose que les gens ne comprennent pas, c’est que ces chevaux sont des athlètes eux aussi. Ils sont choisis pour le sport et même breeder pour le sport. »  Breeder, dans ce cas-ci, signifie que les chevaux mâles et femelles sont souvent sélectionnés pour l’accouplement afin que le poulain descende d’une génétique hors pair pour le sport. « Ce ne sont pas tous les chevaux qui ont le talent pour être un bon bronqueur. Qu’on soit clair : ils ne sont pas maltraités pour apprendre à bronquer. C’est un sport, et comme tous les sports, il y a des chevaux qui aiment bronquer et qui sont vraiment de très bons athlètes dans leur catégorie. » Donc, comme on peut voir, les chevaux de rodéos sont soigneusement sélectionnés selon leurs compétences. Lorsqu’un cheval ne bronque pas, il n’est pas sélectionné pour des disciplines comme la monte de chevaux sauvages, tout simplement.

Le divertisseur de taureaux Jean-François Roch ajoute également qu’ « à première vue ça semble très éprouvant pour eux, mais performer dans les rodéos fait partie de leur ADN. Souvent, les chevaux sont fiers de performer et sont même très enthousiastes d’entrer dans la remorque qui les amène au rodéo. Leur non verbal parle beaucoup. » Jean-François ajoute également que les animaux de rodéo jouissent d’une très grande liberté : « Les chevaux de rodéo sont élevés à l’extérieur dans de grands pâturages et sont gardés dans un environnement qui se rapproche beaucoup de leur habitat naturel. Ils jouissent d’une très grande liberté comparativement aux chevaux domestiques, qui eux sont souvent dans un espace restreint de 12 pieds X 12 pieds dans une écurie ».

Le barrel-man Dominique Audet, mieux connu sous le nom de Gaspé, que nous avons rencontré dans le cadre d’une entrevue lors de son passage au Rodéo d’Ayer’s Cliff, ajoute : « Les gens pensent parfois qu’on serre les testicules des taureaux ou des chevaux ou qu’il y a des piques ou des chocs électriques dans l’équipement. Pas du tout! Souvent, quand les gens me posent des questions sur le sujet, j’utilise toujours l’image suivante : si quelqu’un attache ta ceinture 1 ou 2 trous plus serrés, et qu’il te dit de te déprendre, qu’est-ce que tu vas faire? Tu vas bouger, tu vas te tortiller, tu vas essayer d’enlever ta ceinture sans utiliser tes mains. Eh bien c’est la même chose pour les chevaux. Sur les sangles qu’on utilise, il y a du mouton et de la poudre à bébé pour être certain de ne pas blesser l’animal. Un coup la sangle enlevée, le cheval retourne tranquillement à l’intérieur; le 8 secondes est terminé, le cowboy est par terre : la job du cheval est faite! ».

Par contre, comme le souligne très bien notre forgeron, c’est un sport qui ne peut faire plaisir à tout le monde : « Comme toutes les disciplines, il va toujours y avoir des protestations. » La plupart du temps, ces protestations sont souvent faites par des gens qui ne s’y connaissent pas en la matière et qui se fient sur ce qu’ils ont entendu dire au cours des années. C’est donc dans un désir d’éduquer la population que nous avons décidé de rédiger un article de blogue sur ce sujet sensible qui touche les gens, afin de démontrer que les rodéos sont un endroit où les chevaux ne sont pas maltraités et où ils sont entourés de professionnels qui s’assurent de leur bien-être.

En terminant, gardons en tête que le Rodéo est un endroit où on présente un sport d’équipe où un lien de confiance est fait entre l’humain et son cheval. Les cowgirls et les cowboys sont toutes et tous des amoureux de ces animaux, et ils les traitent mieux que la plupart des autres bêtes. Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’un cheval : il s’agit d’un partenaire, d’un équipier, et ils veulent ce qu’il y a de mieux pour ces derniers pour maximiser leur potentiel et pour gagner le plus de rodéos possible.

Toute l’équipe du Rodéo d’Ayer’s Cliff aimerait remercier Monsieur Tim Mosher pour son temps et pour sa participation à cet article. Merci également à Jean-François Roch et à Dominique Audet pour leurs témoignages sur le sujet.

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